Le ministre des Finances Steven Vanackere démissionne

VRT
mar. 05/03/2013 - 10:40 Le vice-premier ministre et ministre des Finances Steven Vanackere (CD&V) a annoncé sa démission ce mardi lors d'une conférence de presse. Récusant toute faute de sa part, il a indiqué que les suspicions portées à son encontre ont atteint sa capacité de résistance.

C'est avec une certaine solennité, dans une des salles de réception du cabinet des finances, que le ministre Steven Vanackere a annoncé qu'il avait demandé à son président de parti, Wouter Beke, de lui trouver une successeur.

Dans une courte déclaration lue d'abord en néerlandais puis en français, le ministre a réaffirmé qu'il n'avait rien à se reprocher mais qu'il devait passer trop d'énergie à répondre à de fausses accusations. Le climat de méfiance ainsi créé le gêne dans son travail ce qui est mauvais pour le pays, a-t-il dit ajoutant que cela dépasse aussi ce que personnellement il peut encaisser.

M. Vanacker est au centre de la polémique soulevée par la N-VA dans le dossier du rachat par Belfius des parts bénéficiaires de l'ACW, le mouvement ouvrier chrétien.

"Je viens de parler au Premier ministre. Je lui ai dit que j'avais demandé à mon président de parti de me chercher un remplaçant pour le gouvernement et de proposer cette personne dès que possible par la voie appropriée au chef de l'État", a annoncé M. Vanackere.

Et d'ajouter que durant les presque 7 années qu'il a été ministre, il s'est "totalement investi" afin d'exercer son mandat "soigneusement et consciencieusement, en respectant les règles spécifiques à cette haute fonction".

"Même si, au cours de ces derniers mois également, je ne me suis en rien écarté de cette ligne de conduite, il m'a pourtant fallu prendre conscience de plus en plus que cette attitude n'offre aucune protection contre les insinuations injustes et les accusations malveillantes. Du fait de mon inspiration politique, enracinée dans la démocratie chrétienne et le mouvement ouvrier chrétien, certains ne peuvent apparemment pas imaginer que j'ai exercé ma fonction de ministre des Finances d'une manière impartiale, même si on ne peut d'aucune manière étayer ce soupçon de manière tangible", a-t-il ajouté.

"Rien ne peut m’être reproché"

"Quand l'agitation sera retombée, il apparaîtra également que rien ne peut m'être reproché. Cela n'empêche pas que je doive, aujourd'hui, consacrer une trop grande part de mon énergie à répondre à de fausses accusations.

"Je veux que cela cesse. Ce climat de méfiance me gêne dans mon travail, ce qui n'est pas dans l'intérêt du pays. Ce n'est pas non plus dans l'intérêt de mon parti. Et je reconnais aussi que cela dépasse ce que personnellement je peux encaisser. Des doutes quant à mon éthique, en raison de mes convictions politiques, je ressens cela comme très injuste. C'est ce qui explique pourquoi j'ai pris moi-même cette décision et ce, en dépit des encouragements et du soutien que je n'ai pas cessé de recevoir au sein de mon propre parti, de la part de sa direction, de mes collègues du CD&V et de l'ensemble des militants", a-t-il poursuivi.

M. Vanackere s'est dit certain que le CD&V fournira bientôt un "remplaçant de valeur". Quant à lui, il s'investira "en tant que membre du parlement".

Pour finir, il a remercié ses collaborateurs qui lui ont permis d'afficher un bilan dont il "sera toujours particulièrement fier".

Steven Vanackere était en poste au sein du gouvernement Di Rupo depuis décembre 2011. Précédemment, il avait été vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Ancien chef de cabinet puis échevin à Bruxelles, M. Vanackere a connu une évolution de carrière ministérielle rapide: d'abord ministre flamand du Bien-être en 2007, puis ministre fédéral de la Fonction publique et des Entreprises publiques en 2009 et à la fin de la même année, ministre des Affaires étrangères.